An expression is never neutral. Accept uncritically that of "digital textbook" does not mean only the authorization to a simple expression, but rather to broader issues. Indeed, the expression contains, well beyond the oxymoron, forms and standards that is to say financial authorities and editorials. The paradox is maintaining the expression of manual that describes a structure and thus easily manipulable practice but is primarily a symbol of domination editorial on Education. It's not digital textbooks that we need much less digital artifacts improved from a paper version. These manuals crushing student literally as figuratively, preventing them from constructing and individuate.
The digital offers us instead the opportunity to rid ourselves of a system outdated and expensive and highly polluting at the same time. Tons of paper and ink wasted is enormous in terms of their actual educational and pedagogical significance. They are also the symbol of the disempowerment of teachers for once transformed into real machines to make copies ... instead of building themselves what educational work (work for which they are paid yet), making them also the first true imitators of the school system and has been for a long time. This does not mean they should not share and retrieve work colleagues, on the contrary, but provided that this occurs in a more efficient and transparent devices via online courses and sharing platforms documents in which each teacher could make a stone building, offering new versions. In short, the model of free software we need as qu'ingénierie educational and not a model of technological delegation that little benefit to our students in the end.
It also means training teachers to become involved in this process. In addition to adequate training, it might be appropriate to reward those who put the most work online and build platforms and digital teaching course. This award could be paid as premiums. It is still harmful to see that it is
Microsoft
that seeks to place itself on the side of this award. It would also not difficult to find this windfall on the old budget textbook.
There remains much work to do as attitudes are often remained trapped in environments that must leave now. Teachers are increasingly proletarian socially (except perhaps the body of aggregate) but also technically and pedagogically, rarely showing themselves capable of innovation and are often encouraged not to do so.
One might imagine that the CNDP is leading this new vision by providing the teachers with obstacles such as hosting and technical maintenance applications, CMS and LMS. Often teachers can continue to maintain a site victim of his success and facing the costs of accommodation. I am thinking in particular
Fabien Crégut
and many others. I also remember that my site online course Lilit & Circe has disappeared due to lack of buyers.
The stakes are high. Whether the institution is this change, either to leave the field open to private providers which will eventually also by enlisting the services of teachers the most innovative but unmotivated. Otherwise, one day, schools will empty for lack of students.
Une expression n’est jamais neutre. Accepter sans critiques celle de « manuels numériques » ne signifie pas seulement l’agrément à une simple expression, mais bel et bien à des enjeux plus larges. En effet, l’expression recèle, bien au-delà de l’oxymore, des formes et des normes : c’est-à-dire des pouvoirs financiers et éditoriaux. Le paradoxe est donc le maintien de l’expression de manuel qui désigne un ouvrage aisément manipulable et donc pratique mais qui est surtout le symbole d’une mainmise éditoriale sur l’Education. Ce n’est pas de manuels numériques dont nous avons besoin et encore moins d’artefacts numériques améliorés issus d’une version papier. Ces manuels écrasant l’élève au sens propre comme au sens figuré, les empêchant de se construire et de s’individuer.
Le numérique nous offre au contraire l’opportunité de nous affranchir d’un système dépassé et couteux et extrêmement polluant par la même occasion. Les tonnes de papier et d’encre gaspillés sont énormes au regard de leur réel portée pédagogique et éducative. Ils sont également le symbole de la déresponsabilisation des enseignants transformés pour le coup en véritables machines à faire des photocopies…au lieu de construire eux-mêmes ce travail pédagogique (travail pour lequel ils sont pourtant rémunérés), faisant d’eux d’ailleurs les premiers véritables plagiaires du système scolaire et ce depuis fort longtemps. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas partager et récupérer des travaux de collègues, bien au contraire, mais autant que cette démarche s’opère de manière plus efficace et plus transparente via des dispositifs de cours en ligne et des plateformes de partage de documents où chaque enseignant pourrait apporter sa pierre à l’édifice, proposer de nouvelles versions. En Bref, c’est le modèle des logiciels libres dont nous avons besoin en tant qu’ingénierie pédagogique et nullement un modèle de délégation technologique qui ne profiterait guère à nos élèves au final.
Cela implique aussi de former les enseignants à s’investir dans cette voie. Outre des formations adéquates, il pourrait être opportun de récompenser ceux qui mettent le plus de travaux en ligne et qui construisent plateformes et parcours pédagogiques numériques. Cette récompense pourrait être versée sous forme de primes. Il est quand même dommageable de voir que c’est Microsoft qui cherche à se placer du côté de cette récompense. Il ne serait d’ailleurs pas difficile de trouver cette manne financière sur l’ancien budget des manuels scolaires.
Il reste cependant beaucoup de travail à faire tant les mentalités sont parfois restées bloquées dans des milieux dont il faut aujourd’hui sortir. Les enseignants sont de plus en plus prolétarisés socialement (à l’exception sans doute du corps des agrégés) mais également techniquement et pédagogiquement, se montrant rarement capables d’innover et étant souvent incités à ne pas le faire.
On pourrait imaginer que le CNDP pilote cette nouvelle vision en dégageant les enseignants d’obstacles tels que l’hébergement et la maintenance technique des applications, des Cms et des Lms. Il est fréquent que les enseignants ne peuvent continuer à maintenir un site victime de son succès et devant faire face à des coûts d’hébergements. Je songe notamment à Fabien Crégut et à bien d’autres encore. Je rappelle aussi que mon site de cours en ligne Lilit & Circé a ainsi disparu faute de repreneurs.
Les enjeux sont de taille. Soit l’institution opère ce revirement, soit elle laisse le champ libre aux prestataires privés qui finiront d’ailleurs par s’attacher les services des enseignants les plus innovants mais démotivés. Sans quoi, un jour, les écoles se videront faute d’élèves.
A little note to indicate
a day on folksonomies
in all its dimensions to which I am pleased to participate.
Organized by the CNAM and
laboratory DICEN,
this day is an opportunity to make a first assessment on the subject and consider new avenues of research and applications.
Here are the planned interventions:
9.30
Introduction of the day 9:45 to 10:15
Fabien Gandon (INRIA): Semantic Web and folksonomies: state of the art 10h30-11h
Freddy Limpens (INRIA): Collaborative approach and assisted in enriching folksonomies: between computing and ergonomics. 11:15 to 11:45
Alexandre Monnin (University Paris 1): The specificity of the tagging and philosophical dimension. 12h-12h30
Manuel Zacklad (CNAM): Socio-Semantic Web research and open information: SI between participation and control.
14h-14h30
Alexandre Gefen (University of Bordeaux 3): Fabula or experience of a collaborative folksonomy. 14h45-15h15
Patrick Peccatte (Soft Experience): The Machine Flickr tags and folksonomies categorized. 15h30-15h45
Dominique Besagni Cecilia Fabri, Claire Francis (INIST), Evelyne Broudoux (UVSQ): Comparative study of sharing scientific references (CiteUlike, Bibsonomy, 2collab, Connotea). 16h-16h30
The Deuff Olivier (University of Brittany): Folksonomies and Hypomnemata digital. 16h45
Conclusion of the day
The approach is also interdisciplinary. For my part, I have not yet fully established the themes that I will address.
I'll put online support of my speech and thoughts.
Un petit billet pour signaler une journée sur les folksonomies dans toutes ses dimensions à laquelle j’aurais le plaisir de participer.
Organisée par le CNAM et le laboratoire DICEN, cette journée sera l’occasion de réaliser un premier bilan sur le sujet et d’envisager de nouvelles pistes de recherche et d’applications.
Voici les interventions prévues :
9h30 Introduction de la journée 9h45-10h15 Fabien Gandon (INRIA) : Web sémantique et folksonomies : état de l’art 10h30-11h Freddy Limpens (INRIA) : Approche collaborative et assistée à l’enrichissement des folksonomies: entre algorithmie et ergonomie. 11h15-11h45 Alexandre Monnin (Université Paris 1) : La spécifité du tagging et sa dimension philosophique. 12h-12h30 Manuel Zacklad (Cnam) : Web socio-sémantique et recherche ouverte d’information : le SI entre participation et contrôle.
14h-14h30 Alexandre Gefen (Université de Bordeaux 3) : Fabula ou l’expérience d’une folksonomie collaborative. 14h45-15h15 Patrick Peccatte (Soft Experience) : Les Machine tags de Flickr et folksonomies catégorisées. 15h30-15h45 Dominique Besagni, Cécilia Fabri, Claire François (INIST), Evelyne Broudoux (UVSQ) : Étude comparative du partage de références scientifiques (CiteUlike, Bibsonomy, 2Collab, Connotea). 16h-16h30 Olivier Le Deuff (Université de Bretagne) : Folksonomies et hypomnemata numériques. 16h45 Conclusion de la journée
L’approche est donc également transdisciplinaire. Pour ma part, je n’ai pas totalement encore fixé les thématiques que je vais aborder.
Je mettrai en ligne le support de mon intervention et quelques réflexions.
The opposition man-machine is a decoy. It is also more of an association even though it can sometimes be harmful, that is to say, falling more or dissociation of proletarianization which occurs at least a loss of knowledge and expertise. I return here on these aspects using a few passages of my doctoral research work. The technique is constitutive part of culture that many researchers in various disciplines have already begun to show.
Bernard Stiegler points and the highly technical nature of culture and its role in the formation of memory:
Culture is nothing but the ability to inherit from the collective experience of our ancestors and this has been long understood. What has been less understood is that the art (...) is the condition of such transmission.
[1]
To review the place of art, a return on the work of Gilbert Simondon is necessary. It seems to us that we should particularly remember precisely the elements of transition from minority to majority as regards the technical culture. Gilbert Simondon describes two positions in the type of relationships we have vis-à-vis technical objects: a minor and one major. These two positions must be differentiated from both wish to avoid pitfalls that Simondon: technophobia and techno-, positions are only indicative of non-integration of art and culture:
The ideas of enslavement and liberation are too much related to the former status of man as a technical subject in order to match the real problem of the relationship between man and machine. It is necessary that the technical subject is known in itself that the relationship between man and machine becomes stable and valid: hence the need for technical knowledge.[2]
Simondon defines culture as a technical mediation, that is to say, as a way to act in an environment. This implies an evolutionary humanism, not frozen:
Similarly, technologies cited as liberating through the progress of the Enlightenment, are now accused of enslaving man and reduce him to slavery in the denaturant, making it alien to itself by specialization is a barrier and a source of misunderstanding. The focal point became the principle of partitioning. Therefore, humanism can never be a doctrine or even an attitude that could be defined once and for all and each time has to find his humanity just by pointing the main danger of alienation.[3]
It is therefore beyond the opposition between culture and technology, opposition still present and active:
The current opposition between culture and technology from the fact that the technical subject is considered identical to the machine. The culture does not understand the machine and is inadequate to the technical reality because it sees the machine as a closed block.[4]
This opposition between culture and technology leads to a particular form of contempt for those qualified technicians. These tensions are found in many fields and professions. This applies to regularly elsewhere in the fields of literature and libraries, where there is opposition between proponents of general education and those who argue for greater consideration of vocational skills in particular For competition
[5].
We note that very often also contempt, it is simply ignorance or an admission of incompetence on the matter.
Finally, the lack of technical culture is explained by the difficulty in finding the right distance. It seems obvious that more and more, the vision and overhanging domineering, almost managerial no longer acceptable: the image of the man controlling all the Machinists in the film
Metropolis
by Fritz Lang seems to be backwards technical culture as envisaged Simondon.
Simondon conjures up clues as to the establishment of this culture technique in particular in education where he pleaded not to a kind of pantheon of historical figures in science and most great inventions, but the direct understanding of the technical subject . ...
L’opposition homme-machine est un leurre. Il s’agit plus d’ailleurs d’une association même si elle peut être parfois néfaste, c’est-à-dire relevant davantage d’une dissociation voire d’une prolétarisation qui se manifeste au moins par une perte de savoirs et de savoir-faire. Je reviens ici sur ces aspects en utilisant quelques passages de mon travail de recherche doctoral. La technique est part constitutive de la culture ce que plusieurs chercheurs dans diverses disciplines ont déjà entrepris de démontrer.
Bernard Stiegler rappelle ainsi le caractère éminemment technique de la culture et son rôle prépondérant dans la constitution de la mémoire :
La culture n’est rien d’autre que la capacité d’hériter collectivement de l’expérience de nos ancêtres et cela a été compris depuis longtemps. Ce qui a été moins compris, c’est que la technique (…) est la condition d’une telle transmission. [1]
Pour effectuer cet examen de la place de la technique, un retour sur les travaux de Gilbert Simondon est nécessaire. Il nous semble notamment qu’il faille retenir justement les éléments de passage de la minorité à la majorité en ce qui concerne la culture technique. Gilbert Simondon décrit deux positions dans le type de relations que nous entretenons vis-à-vis des objets techniques : une mineure et une majeure. Ces deux positions doivent être différenciées des deux écueils que souhaite éviter Simondon : la technophobie et la technophilie, positions qui ne sont que les révélatrices d’une non-intégration de la technique à la culture :
Les idées d’asservissement et de libération sont beaucoup trop liées à l’ancien statut de l’homme comme objet technique pour pouvoir correspondre au vrai problème de la relation de l’homme et de la machine. Il est nécessaire que l’objet technique soit connu en lui-même pour que la relation de l’homme à la machine devienne stable et valide : d’où la nécessité d’une culture technique.[2]
Simondon définit la culture technique comme une médiation, c’est-à-dire comme un moyen d’agir dans un milieu. Cela implique un humanisme évolutif et non figé :
De même, les techniques, invoquées comme libératrices à travers le progrès, au siècle des Lumières, sont aujourd’hui accusées d’asservir l’homme et de le réduire en esclavage en le dénaturant, en le rendant étranger à lui-même par la spécialisation qui est une barrière et une source d’incompréhension. Le centre de convergence est devenu principe de cloisonnement. C’est pourquoi l’humanisme ne peut jamais être une doctrine ni même une attitude qui pourrait se définir une fois pour toutes ; chaque époque doit découvrir son humanisme en l’orientant vers le principal danger d’aliénation.[3]
Il s’agit donc de dépasser l’opposition entre culture et technique, opposition toujours actuelle et active :
L’actuelle opposition entre la culture et la technique résulte du fait que l’objet technique est considéré comme identique à la machine. La culture ne comprend pas la machine ; elle est inadéquate à la réalité technique parce qu’elle considère la machine comme un bloc fermé.[4]
De cette opposition entre culture et technique découle une forme de mépris notamment pour ceux qualifiés de techniciens. Ces tensions se retrouvent dans beaucoup de domaines et de métiers. C’est le cas de manière régulière d’ailleurs dans les secteurs de la documentation et des bibliothèques, où il y a opposition entre les tenants de la culture générale et ceux qui plaident pour une meilleure prise en compte des savoirs-faire professionnels notamment en ce qui concerne les concours[5]. Nous remarquons que très souvent outre du mépris, il s’agit tout simplement de méconnaissance voire d’aveu d’incompétence en la matière.
Finalement, l’absence de culture technique s’explique par la difficulté à se trouver à la bonne distance. Il nous parait évident que de plus en plus, la vision surplombante et dominatrice, quasi managériale n’est plus acceptable : l’image de l’homme contrôlant l’ensemble des machinistes dans le film Metropolis de Fritz Lang nous semble être à rebours de la culture technique telle que l’envisage Simondon.
Simondon évoque des pistes quant à la mise en place de cette culture technique notamment au niveau éducatif où il plaide non pas pour une sorte de panthéon des figures historiques de la science et des plus grandes inventions, mais pour la compréhension directe de l’objet technique. Cette culture technique implique l’action, « le faire » non pas dans la seule volonté de reproduire, mais dans celle de comprendre et d’améliorer. Cette volonté de rendre meilleur[6] à la fois l’individu-humain et l’individu-machine et au travers leurs relations de permettre le progrès social, repose sur l’invention :
Comprendre Pascal, c’est faire de ses mains une machine telle que la sienne, sans la copier, en la transposant même si possible (…) pour avoir à réinventer au lieu de reproduire.[7]
Nous avons regroupé dans le tableau ci-dessous les différentes attitudes face à la technique.
Etat
Type de relation
Type d’individu
Type de savoirs
Démarche
Parallèle informationnel
Etat minoritaire
Usage irréfléchi
Enfant
Intuition
Intuitive
Usage de l’information via des outils
Etat pré-majoritaire
Maîtrise
Artisan
Habileté
Procédurale
Maîtrise de l’information
Etat majoritaire
Elaboration/amélioration
Ingénieur
Connaissance
Théorique
Conceptualisation scientifique
Culture
Amélioration technique et sociale
Citoyen éclairé
Connaissance et distance
Associative
Stabilité conceptuelle et innovation/culture de l’information
Tableau n°8. Les différents états par rapport à la technique.
L’opposition homme-machine doit donc être dépassée pour un examen bien plus complexe. Il convient donc de se demander si ce ne sont pas les dispositifs sociétaux en tant que mégamachine qui finissent plutôt par s’opposer à l’humain en étant écrasants, trop normalisants ou bien en devenant totalement inefficaces, sclérosés aux prises de décisions d’héritiers du système ou de diverses Cosa Nostra, économiques, politique et même universitaires.
Parfois, les mangas de notre jeunesse peuvent apporter quelques interrogations intéressantes. La figure de Cobra m’a toujours intéressé et les paroles de Paul Persavon, alias Antoine de Caunes nous sont à écouter également. Alors « Homme ou machine », c’est plutôt homme et machine, le secret de Cobra…Une réflexion bien utile, car nous sommes de plus en plus dans l’univers « Zéro » tout autant que dans l’univers « réseau ».
[1] Gilbert SIMONDON. Du mode d’existence des objets techniques. Paris : Aubier. 1989., p.102
2 Ibid., p.145
3 Les listes de diffusion biblio-fr et les listes des professeurs-documentalistes sont fréquemment la scène de tels débats. Ainsi sur la liste e-doc, une professeur-documentation recommandait à ceux qui parlaient techniques d’aller le faire ailleurs car elle « n’y entravait rien » (sic)
4 Il ne s’agit pas pour autant de distinguer « les meilleurs »
5 Gilbert SIMONDON. Du mode d’existence des objets techniques. Op. cit., p.107
[1] Bernard STIEGLER. «Leroi-Gourhan : l’inorganique organisé » Les Cahiers de médiologie, n°6, p. 189. p.193
[2]Gilbert SIMONDON.Du mode d’existence des objets techniques. Op. cit.,P.32
[3] Gilbert SIMONDON. Du mode d’existence des objets techniques. Op. cit., p.102
[5] Les listes de diffusion biblio-fr et les listes des professeurs-documentalistes sont fréquemment la scène de tels débats. Ainsi sur la liste e-doc, une professeur-documentation recommandait à ceux qui parlaient techniques d’aller le faire ailleurs car elle « n’y entravait rien » (sic)
[6] Il ne s’agit pas pour autant de distinguer « les meilleurs »
[7] Gilbert SIMONDON. Du mode d’existence des objets techniques. Op. cit., p.107
These are the first results of the investigation into creative hobbies.
You will find here more than the raw results of analysis.
I have however identified four profiles of respondents, including three on the sharing of creations.
You'll also find some visualizations.
I try to analyze on the blog a few key elements.
Otherwise, the analysis advanced, it will take the items. (less than ArchiveSIC, there are few traces of preprint ...)
This document in pdf: Résultatsloisirscrea
And version scribd Résultatsloisirscrea
Voilà les premiers résultats de l’enquête sur les loisirs créatifs.
Vous y trouverez donc plus des résultats bruts que des analyses.
J’ai dégagé toutefois quatre profils de répondants dont trois sur la question du partage des créations.
Vous y trouverez également quelques visualisations.
Je tâcherai d’analyser sur le blog quelques éléments clefs.
Sinon, pour l’analyse de pointe, il faudra attendre les articles. (à moins que sur archivesic, on trouve quelques traces de préprint…)
Voilà le document en pdf : Résultatsloisirscrea
Et en version scribd Résultatsloisirscrea
I shall therefore the first results of the survey on library 2.0.
I said so little this time.
This will happen in a scientific paper and perhaps in another document analysis will also be posted under the same conditions. Library Survey Results 2
Good reading.
I'll be back soon also another investigation of a greater magnitude than that I live on the networks of creative hobbies.
Je communique donc les premiers résultats de l’enquête sur la bibliothèque 2.0.
Je les commente donc peu pour l’instant.
Ce sera le cas dans un article scientifique et peut-être dans un autre document d’analyse qui sera également mis en ligne sous les mêmes conditions. Résultats Enquête bibliothèque 2
Bonne lecture.
Je reviendrai prochainement également sur une autre enquête d’une plus grande ampleur, celle que je mène sur les réseaux de loisirs créatifs.
I did not have much to add to Narvic about the
positioning of Apple
and the fact that the ambitions of the mercantile apple really have nothing to envy to those of Windows. IPAD is not a
real innovation.
I just reproduce the text of Gilbert Simondon which never fails to make me think every time the Apple strategy, which is always personal flattery and probably also "the outward sign of wealth":
"If we consider all the machines that our civilization book for use by the individual, we see that their technical characteristics are obliterated and hidden by an impenetrable rhetoric, covered with a mythology and a collective magic that we can hardly elucidate or demystify. The modern machinery used in everyday life are mostly instruments of flattery. It is sophistry of the presentation is to give a magical appearance to be technical, to lull the active powers of the individual and lead to a hypnotic state in which he tastes the pleasure of commanding a crowd of mechanical slaves, often not very diligent and very faithful, but still flattering. "
In Simondon, G. (2007).
The psychic and collective individuation: In light of the concepts of Shape, Information, Potential and Metastability.
(P. 293). Editions Aubier. (p.522)
Je n’ai pas grand-chose à rajouter aux propos de Narvic sur le positionnement d’Apple et le fait que les ambitions mercantiles de la pomme n’ont vraiment rien à envier à celles de Windows. L’ipad n’est pas une réelle innovation.
Je reproduis juste ce texte de Gilbert Simondon qui ne manque pas de me faire songer à chaque fois à la stratégie d’Apple, qui vise sans cesse la flatterie personnelle et probablement aussi « le signe extérieur de richesse » :
« Si nous considérons l’ensemble des machines que notre civilisation livre à l’usage de l’individu, nous verrons que leurs caractères techniques sont oblitérés et dissimulés par une impénétrable rhétorique, recouverts d’une mythologie et d’une magie collective qu’on arrive à peine à élucider ou démystifier. Les machines modernes utilisées dans la vie quotidienne sont pour la plupart des instruments de flatterie. Il existe une sophistique de la présentation qui consiste à donner une tournure magique à l’être technique, pour endormir les puissances actives de l’individu et l’amener à un état hypnotique dans lequel il goûte le plaisir de commander à une foule d’esclaves mécaniques, souvent assez peu diligents et peu fidèles, mais toujours flatteurs. »
In SIMONDON, G. (2007). L’individuation psychique et collective : A la lumière des notions de Forme, Information, Potentiel et Métastabilité. (p. 293). Editions Aubier. (p.522)
Collective intelligence can it be a science project and if so which one. It now occupies Pierre Levy for several years.
His
last article
deserves special consideration beyond the cliches which it often. It is true that some works exhibited questionable outlook, including the
world philosophy
that was primarily for my taste too positive vision of the future, forgetting the fact malicious elements (as observed aptly Yann Leroux on twitter). But it is probably unique to Pierre Levy have a utopian vision of humanity and we must admit that it changes us prophets technophobes and this obliges us to think ahead.
Here are my few thoughts on the text whose purpose is to provide a summary but rather an attempt to put forward some points that I found important. This remains a subjective reading.
The article may be read in different ways. I do not think Pierre Levy succeeds in convincing his usual detractors who will project (perhaps wrongly) the veil cybernetics (which often projects Celine Lafontaine as to suggest a cybernetic empire), or the mystical veil which blew the cap the most rigorous scientists (see also the position of
Dominica Rabeuf).
It is true that the expression of noosphere that can be taken a little annoying. I think that this expression gives a poor account of the scientific project in motion and especially commits an error which is that the impression of too sharp a separation of body and mind which is not the goal.
The company is ambitious Pierre Lévy (too?) Because the project is a new
lingua franca
through the model IEML who
"would not only elucidate the mechanisms of symbolic cognition but also to improve our collective management knowledge and thus ultimately support human development.
"
The text can fully understand the objectives of IEML who remained obscure even if sometimes the desire for a new language or ideograph is a longstanding presence in Levy.
The output of false ideas about collective intelligence:
For my part, I have often been cautious with the collective intelligence because of its side a bit idealistic. Peter Levy provides some interesting answers here especially to counteract the speeches as the crowds are mainly carrying stupidity. It is clear that such thinking is false otherwise our society would be much advanced and the man would have remained "a wolf to man". Levy retranslated many developments permitted by the techniques used collectively (which joins the famous culture technique Simondon):
"It should be noted that the individual cognition are almost all on the use of symbolic tools (languages, scripts, various social institutions) or equipment (measuring instruments, observation, calculation, vehicles and transportation networks, etc. .) that the individual does not invent itself, but which have been transferred or taught by the culture. Most knowledge implemented by those who argue that intelligence is purely individual they come from others through social institutions like family, school or the media, and this knowledge could not accumulate and improve without long chains of intergenerational transmission
"
In this collective intelligence is essentially cultural and entered into a tradition.:
"Thus, the irony easy on the collective stupidity (which is obviously always the stupidity of the 'Other') fails to recognize what our personal lights are the tradition and what our most powerful institutions are to our ability to think and decide together. Is ...
L’intelligence collective peut-elle constituer un projet scientifique et si oui lequel. C’est l’entreprise qui occupe Pierre Lévy depuis plusieurs années.
Son dernier article mérite donc un examen particulier au-delà des clichés dont il est souvent victime. Il est vrai que certains ouvrages présentaient des prospectives discutables, notamment le world philosophy qui représentait surtout à mon goût une vision trop positive de l’avenir, oubliant justement les éléments malveillants (ce que remarquait fort justement Yann Leroux sur twitter). Mais c’est vraisemblablement propre à Pierre Lévy d’avoir une vision utopique de l’humanité et il faut bien avouer que ça nous change des prophètes technophobes et cela en nous oblige à penser de l’avant.
Voici donc mes quelques réflexions sur ce texte dont le but n’est pas d’en proposer un résumé mais plutôt une tentative de mise en avant de certains points qui m’ont paru importants. Cela reste donc une lecture subjective.
L’article pourra être lu de différentes manières. Je ne crois pas que Pierre Lévy parviendra à convaincre ses habituels détracteurs qui y projetteront (sans doute à tort) soit le voile cybernétique (que projette souvent Céline Lafontaine au point d’évoquer un empire cybernétique), soit le voile mystique qui fait sauter au plafond les scientistes les plus rigoureux (voir aussi la position de Dominique Rabeuf). Il est vrai que l’expression de noosphère qu’il prise peut être un peu agaçante. Je pense que cette expression rend mal compte du projet scientifique en marche et surtout commet une erreur qui est celle de donner l’impression d’une séparation trop nette des corps et de l’esprit ce qui n’est nullement l’objectif.
L’entreprise de Pierre Lévy est ambitieuse (trop ?) car le projet est celui d’une nouvelle lingua franca au travers du modèle IEML qui « permettrait non seulement d’élucider les mécanismes de la cognition symbolique mais encore de perfectionner notre gestion collective des connaissances et donc en fin de compte de soutenir le développement humain. »
Le texte permet de bien comprendre les objectifs d’IEML qui étaient restés parfois obscurs même si le désir d’une nouvelle langue ou idéographie est présente depuis longtemps chez Lévy.
La sortie des fausses idées sur l’intelligence collective :
Pour ma part, j’ai souvent été prudent avec l’intelligence collective du fait de son côté un peu idéaliste. Pierre Lévy apporte ici quelques réponses intéressantes notamment pour contrecarrer les discours qui voient les foules comme essentiellement porteuses de stupidité. Il est clair qu’une telle pensée se révèle fausse sans quoi nos sociétés ne seraient guère évoluées et l’homme serait demeuré « un loup pour l’homme ». Lévy retraduit bien les évolutions permises par des techniques utilisées collectivement (ce qui rejoint la fameuse culture technique de Simondon) :
« Il faut remarquer que les capacités cognitives individuelles reposent presque toutes sur l’utilisation d’outils symboliques (langues, écritures, institutions sociales diverses) ou matériels (instruments de mesure, d’observation, de calcul, véhicules et réseaux de transports, etc.) que l’individu n’a pas inventé lui-même mais qui lui ont été transmis ou enseignés par la culture ambiante. La plupart des connaissances mises en oeuvre par ceux qui prétendent que l’intelligence est purement individuelle leur viennent des autres, via des institutions sociales comme la famille, l’école ou les médias, et ces connaissances n’auraient pu s’accumuler et se perfectionner sans de longues chaînes de transmission intergénérationnelles »
En cela, l’intelligence collective est essentiellement culturelle et inscrite dans une tradition. :
« Ainsi, l’ironie facile sur la bêtise collective (qui est évidemment toujours la bêtise des « autres ») échoue à reconnaître tout ce que nos lumières personnelles doivent à la tradition et ce que nos institutions les plus puissantes doivent à notre capacité à penser et décider ensemble. Est-il besoin d’ajouter que l’adoption de l’intelligence collective comme valeur essentielle n’implique aucune abdication de la pensée critique ou de l’originalité individuelle ? »
Je remarque que l’intelligence collective ici est finalement assez proche de la culture de l’information à la fois comme tradition et comme potentialité d’individuation critique et d’innovation.
Ecriture et proto-écriture
Le projet évoque l’idée d’une écriture avant l’écriture (proto-écriture ou grammaire universelle), déjà présente dans le cortex en quelque sorte. Lévy se réfère à la grammatologie de Derrida et évoque le rôle éminemment culturel de cette capacité de codage et de manipulation symbolique. Le projet de Derrida n’a guère été suivi ce que dénonçait notamment Sylvain Auroux.
L’économie de l’information
C’est l’autre notion clef du texte de Lévy qui fait de cette dernière le pendant de l’intelligence collective. Certains n’y manqueront pas à nouveau d’y voir un monisme informationnel. Or, la notion est beaucoup plus riche que son acception actuelle voire celle qui est parfois dispensée dans des cours sur cette thématique. :
« La notion d’économie de l’information est voisine de celle de société du savoir. Il en existe plusieurs définitions possibles. Dans son acception la plus large (celle que je préfère), l’économie de l’information intègre toutes les opérations de production, d’échange, d’enregistrement, d’utilisation et d’évaluation des informations. En ce sens très général l’économie de l’information est aussi ancienne que l’espèce humaine, ou peut-être, bien au-delà, aussi ancienne que la biosphère. Dans la société humaine, l’économie de l’information est supportée et régulée par des systèmes symboliques. Or cette économie symbolique est elle-même dépendante de la médiasphère : par exemple, notre espèce a connu plusieurs réorganisations majeures de son économie de l’information, dont notamment celles qui se sont articulées successivement sur l’écriture manuscrite, sur l’usage intensif de l’imprimerie ou sur les médias électroniques. Mais les transformations de la médiasphère ne nous importent en fin de compte que parce qu’elles ont permis des réorganisations de l’économie de l’information, c’est-à-dire de l’intelligence collective. »
Cette vision est d’ailleurs tout autant celle d’une écologie de l’information, c’est-à-dire du fonctionnement d’un milieu socio-technique et pas seulement « biologique » n’opposant nullement de manière trop stricte « nature et culture ». Nous noterons d’ailleurs au passage que cela demeure souvent un des problèmes d’analyse du discours de l’écologie politique actuelle (à de rares exceptions) de ne pas avoir compris cette complexité.
Des besoins scientifiques
Seulement voilà, cette complexité est difficile à analyser et Pierre Lévy déplore notre incapacité à comprendre et analyser la formation de l’intelligence collective. Ill y a un déficit de mesure scientifique en la matière :
« Il n’échappe à personne, en effet, que l’on ne dispose aujourd’hui d’aucune unité de mesure sérieuse ni de méthodes scientifiques rigoureuses pour évaluer la puissance d’une intelligence collective. Les quelques efforts qui ont été tentés dans cette direction se contentent généralement de choisir une batterie d’indicateurs et de mesurer des quantités (un « quotient d’intelligence collective »), alors qu’il faudrait pouvoir décrire des dynamiques de systèmes, des patterns d’évolution, des modèles de transformations de quantités et de valeurs dans l’univers des significations. Et au cas où l’on s’imaginerait disposer d’une telle méthode scientifique, la distinction classique entre l’objet étudié et le sujet de l’étude serait bien difficile à maintenir. Il ne peut jamais être garanti – par exemple – que le prétendu « objet » étudié (un groupe humain) n’a pas développé une dimension cognitive qui échappe radicalement à ceux qui se prétendent les spécialistes de sa mesure ou de son évaluation. La science de l’intelligence collective à laquelle j’aspire ne pourra être que radicalement ouverte, dialogique et symétrique (ou réciproque : l’objet et le sujet échangeant régulièrement leurs rôles). »
Pierre Lévy ne s’inscrit donc pas ici dans une lignée totalement computationnelle et marque ici sa distance avec l’idée d’indicateurs uniquement chiffrés. Il plaide pour une mise en évidence de phénomènes et de formations souvent invisibles et peu évidentes à mesurer. Cela pose aussi la question de savoir s’il faut mieux considérer la science de l’intelligence collective comme une science dure ou une science humaine. La réponse est en fait assez évidente, l’objectif de Lévy est clairement de ne pas opposer les deux.
Il reste que nous avons un peu de mal à être d’accord (pour les raisons exposés plus haut) avec l’affirmation suivante :
« L’économie de l’information est à la noosphère ce que l’écologie est à la biosphère. »
Plus intéressant est en revanche, la défense des biens communs comme support d’une économie de l’information et comme garantie du développement humain et de la réussite de l’intelligence collective. Lévy souhaite donc la préservation des deux types de biens communs, les biologiques et les intellectuels.
Dès lors, l’exercice d’un travail pour le développement d’un capital devient possible :
« En quoi consiste le « travail » d’entretien et de développement des connaissances ? Les communautés de savoir et de pratique accomplissent des opérations réglées et socialement coordonnées sur des symboles. Il dépend des circonstances que ces opérations consistent à poser ou à résoudre des problèmes, à exécuter strictement des instructions ou à modifier des manières de faire, à inventer de nouvelles règles ou à répéter quelques coups joués déjà mille fois. Il importe peu, par ailleurs, que ces opérations s’inscrivent principalement dans des environnements de messages, de relations sociales, de rapports techniques ou – le plus souvent – d’un mixte des trois. Ce qui compte, c’est que l’interaction entre ces opérations de manipulation de signifiants accomplies par des personnes, en des lieux et des moments déterminés, compose quelque chose comme l’activité d’une intelligence
collective. Le travail qui donne vie au capital des connaissances communes est un processus de cognition sociale qui s’étend forcément dans une aire spatio-temporelle plus vaste que celle des opérations individuelles. »
Il faut probablement ici prendre le travail dans une acception qui ne soit pas celui du travail salarié mais autant du travail sur soi. De même, en ce qui concerne le capital de connaissances qui n’est pas nécessairement « marchandable ».
Internet comme medium unificateur
« Or si l’internet constitue à l’évidence aujourd’hui le médium unificateur sur le plan des techniques de communication matérielle des messages, nous ne disposons toujours pas de médium symbolique ou de langage commun qui nous permette de partager les savoirs sur un mode computable (pour exploiter la puissance de calcul du cyberespace) et transparent et de faire vivre ainsi une économie de l’information à l’échelle mondiale, avec tous les bénéfices que l’on peut en attendre sur le plan du développement humain. Or on ne pourra parler en toute rigueur de la connaissance comme d’un bien commun, effectivement exploitable par tous et chacun et selon les finalités et les points de vue
respectifs de toutes les communautés, qu’à la condition de disposer d’un tel medium symbolique. »
Internet peut-il donc héberger une nouvelle « lingua franca » ? On s’interrogera d’ailleurs avec le possible développement d’un internet chinois qui va dans la tendance opposée, celle du séparatisme.
IEML (Information Economy Metalangage) comme métalangage et les potentialités d’augmentation
Pierre Lévy évoque Douglas Englebart et ses travaux sur l’augmentation des facultés cognitives. Le projet IEML s’inscrit clairement dans cette lignée. Il reste toujours selon moi un problème avec l’augmentation qui peut devenir parfois une prolétarisation par processus de délégation technique. Toutefois, il faut rappeler ici que le projet n’a rien à voir avec les théories transhumanistes ou post-humanistes. Il n’est donc pas question de cyborg. D’ailleurs, Pierre Lévy raconte une anecdote particulièrement intéressante démontrant que l’intelligence collective constitue une voie différente voire opposée à celle de l’intelligence artificielle :
« Lors d’un colloque sur le thème Philosophy and computing dont il était l’invité spécial, j’ai eu le privilège de discuter du thème de l’intelligence collective avec ce pionnier. Un professeur de philosophie qui écoutait notre conversation laissa échapper l’objection habituelle sur « la bêtise collective ». Je lui répondis que l’intelligence collective était un programme de recherche scientifique et technique et non pas une approbation béate de n’importe quelle expression collective. Ainsi comprise comme un programme de recherche, le contraire de l’intelligence collective n’était pas la bêtise collective mais bel et bien l’intelligence artificielle (IA). »
Pierre Lévy montre ainsi une voie nouvelle, davantage culturelle, celle d’une culture de la convergence et s’inscrit dans la lignée des travaux d’Henry Jenkins.
L’IEML n’est donc pas qu’un langage informatique (même s’il est évident qu’aucun langage informatique ne peut être considéré comme uniquement du code) :
« En première approximation, IEML est un système de codage du sens (ou des concepts) à vocation universelle dont la principale propriété est de permettre une automatisation des opérations sur le sens. Et je souligne que ces opérations ne se limitent pas à l’automatisation des raisonnements logiques qui est la marque de fabrique de l’intelligence artificielle. Ce métalangage est censé être développé et utilisé de manière collaborative en vue d’une exploitation optimales des possibilités du cyberespace pour l’augmentation de l’intelligence collective humaine. La finalité immédiate d’IEML est de résoudre le problème de l’interopérabilité sémantique - le « chaos numérique » – qui vient de la multitude des langues naturelles, des systèmes de classifications et des ontologies. IEML fonctionne comme un « langage pivot », un système d’adressage des concepts capable de connecter différents systèmes de catégorisation et d’organisation des données qui resteraient sans cela incompatibles. »
Pierre Lévy souhaite son projet comme étant ouvert culturellement et en potentialités. Il ne s’agit donc pas d’un totalitarisme intellectuel même s’il est évident que la mise en place d’une telle grammaire ne peut qu’interroger sur d’évenutuels effets de grammatisation bien montrée notamment par Sylvain Auroux en ce qui concerne la grammaire latine.
L’IEML est donc un langage transculturel et translinguistique. Nous sommes évidemment tentés de le raccrocher avec les réflexions autour d’une translittératie.
Le projet IEML est alors décrit par Pierre Lévy de manière théorique et sans doute quelque peu idéale :
« Chaque point, carrefour ou noeud de la noosphère IEML est au centre d’une multitude de chemins de transformation calculables. Le long de ces chemins de transformation, chaque « pas » d’un carrefour à l’autre est la variable d’une fonction discrète. Pas à pas et de proche en proche, ces chemins relient chaque point à l’ensemble immense des autres points. Dans la direction centrifuge, un point-carrefour est donc l’origine singulière d’une étoile de transformation qui génère la totalité de la sphère. Dans la direction centripète, un point-carrefour fonctionne comme un point de fuite universel de la noosphère, puisqu’il existe un chemin de transformation calculable qui mène vers lui à partir de n’importe quel autre point. En somme, la noosphère IEML est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part et dont chaque singularité organise de manière originale un immense circuit sémantique. »
Les symbolistes n’y manqueront pas d’y voir une proximité avec les sefirots qui m’avaient un temps également inspirées avec l’idée du projet SEFIRA.
IEML reste donc surtout un chantier en construction :
« La noosphère IEML n’est en 2010 qu’une idée philosophique : une simple construction théorique de type mathématico-linguistique. Mais son implantation informatique « libre » et son usage collaboratif pourrait nous permettre de relever deux défis liés à l’intelligence collective : celui de la modélisation de la cognition symbolique et celui d’un perfectionnement de la gestion des connaissances dans le cyberespace. »
Unité de la nature et de la culture
Le travail est celui d’une quête scientifique de l’unité de la nature :
« La « matière » et « l’esprit », le monde des corps sensibles et celui des idées intelligibles, les objets des sciences exactes et ceux des sciences humaines interagissent de manière évidente et font certainement partie de la même et
unique réalité. Le fait de l’unité de la nature peut faire assez facilement l’objet d’un consensus. Mais la véritable difficulté vient de l’absence d’un modèle scientifique commun de cette unité. »
Pierre Lévy remarque l’absence de réelle métrie de l’Internet et les difficultés qu’il y a à cartographier des relations un peu plus complexes :
« Aucun moteur de recherche, aucun medium social ne nous propose actuellement de représentation dynamique et explorable de la distribution relative et de l’interrelation des concepts dans les recherches, les messages échangés ou
les documents affichés dans le réseau. Or le minimum que l’on puisse demander à une représentation scientifique utile de l’intelligence collective qui s’investit dans le cyberespace est de cartographier des relations entre significations. »
Conclusion :
J’ai retrouvé dans le texte des éléments enthousiasmants qui m’ont rappelé la découverte des premiers textes de Pierre Lévy. Même si certains points demeurent discutables, il est évident que le projet de Pierre Lévy est aussi celui de susciter débats et nouvelles idées car le projet est clairement d’essence collective. On saluera aussi un texte qui contraste avec les velléités conservatrices actuelles, notamment politiques qui visent à instaurer péages, censures et autres barrières. L’enjeu de l’intelligence collective est aussi celle d’une reconstruction politique et institutionnelle.
Plusieurs fois, j’ai songé pour ma part, que l’apport de la pensée de Gilbert Simondon pourrait être utile à la démarche au même titre que celle de Bernard Stiegler notamment en ce qui concerne la notion de « milieu associé ».
C’est d’ailleurs en cela, que l’étude de communautés de pratiques est intéressante et notamment celle qui permettent l’innovation et l’individuation. Les communautés « hackers » et celles de loisirs créatifs ont beaucoup à nous apprendre.
Car, c’est un point sur lequel Lévy n’insiste pas assez, la réussite du projet collectif passe par des réussites également individuelles. Les réflexions autour du PKM constituent des pistes à creuser. Il en va de même pour les pistes didactiques et la culture technique nécessaire à cette réussite.
De même, il faut saluer la volonté de Pierre Lévy pour que la science se saisisse d’objets et de domaines qu’elle a tendance à abandonner fautes de moyens ou de réflexions théoriques suffisantes. Le web et l’Internet mérite bien une analyse plus ambitieuse, en effet sans quoi les sphères marchandes ne tarderont pas à y imposer également leurs manières de voir vers une économie de la déformation. Le projet de Pierre Lévy est donc celui aussi de mettre un peu d’autorité scientifique face à la montée en puissance des mécanismes de popularité.
Il est aussi vraisemblable que l’intelligence a toujours eu une portée collective en constituant ce nous entre-lie mais surtout ce qui nous entre-lit (cf. stiegler)
At a time when we talk about a crisis of
reading
or that questions the
relevance ranking of Pisa,
I want to come back around on some aspects of
literacy
(see also
here)
and the concept of crisis which is often associated.
Despite criticism that can be done in Pisa rankings, I still think it is a fake trial and that the Finnish model is not imaginary because it has probably worked more other ways to read and d 'write and try to relate the knowledge rather than explode. Other hand, Finland is not an imaginary but trainer r
e
r
e
trainer implying organizational and institutional reconstruction.
So I mention this passage in the problem of the crisis of literacy:
Harvey Graff (1) has highlighted a crisis in literacy. There are three major trends that are all three linked historically with the concept of crisis.
The essential skills (reading, writing and arithmetic) and their actions in terms of student performance are always the challenge of speech or catastrophic alarmist and join the perpetual fear of lower level.
The close relationship among literacy and basic skills with moral education and citizenship. The speeches of these skills are a prerequisite for the proper functioning of society.
The relentless emergence and growing new literacies which will be discussed at length here. These literacies are sometimes associated with adverse fashion and not sustainable. Graff (2) cites the
"geographical literacy,"
"cultural
literacy"
and the
"teleliteracy",
etc..
Graff believes that the latter notion of literacy is planning several performances often linked to education, hence the talk of crisis that accompanies it. The concept is often poorly explained and reflections are concentrated mainly around issues of educational, cultural and social. We find indeed an obsession with evaluation and measurement of these literacies. However, it seems that precisely the boundaries and definitions are too vague to make a measurement, which leads to the crisis in education described by Hannah Arendt in 1960:
The general crisis that hit all the modern world and which reaches almost all branches of human activity manifests itself differently in different countries in different domains and assuming different forms. In America, one of its most characteristic and most revealing is the periodic crisis of education, at least during the last ten years has become a political problem of first magnitude whose jou ...
A l’heure où l’on évoque une crise de la lecture ou qu’on s’interroge sur la pertinence du classement Pisa, j’en profite pour revenir sur certains aspects autour de la littératie (voir aussi ici) et la notion de crise qui lui est souvent associé.
Malgré les critiques que l’on peut faire au classement Pisa, je crois quand même qu’il s’agit d’un faux procès et que le modèle finlandais est nullement imaginaire car il a probablement davantage travaillé d’autres manières de lire et d’écrire et chercher à relier les connaissances plutôt qu’à les éclater. D’autres part, la Finlande ne constitue pas une imaginaire réformateur mais reformateur ce qui implique une reconstruction institutionnelle et organisationnelle.
J’évoque donc dans ce passage le problème de la crise de la littératie :
Harvey Graff (1) a mis en évidence une crise de la littératie. Il distingue trois grandes tendances qui sont toutes les trois liées historiquement avec la notion de crise.
Les habiletés essentielles (lire, écrire, compter) et leurs mesures en fonction des résultats des élèves sont sans cesse l’enjeu de discours catastrophistes ou alarmistes et rejoignent la crainte perpétuelle de la baisse de niveau.
L’étroite relation qu’entretiennent la littératie et les compétences de base avec l’éducation morale et la citoyenneté. Les discours font de ces habiletés un préalable nécessaire à la bonne marche de la société.
L’émergence incessante et croissante de nouvelles littératies sur lesquelles nous reviendrons longuement ici. Ces littératies sont parfois liées à des effets de mode et nullement durables. Graff (2) cite ainsi la « geographical literacy », « cultural literacy » ainsi que la « teleliteracy », etc.
Graff considère que dernière la notion de littératie se projettent de nombreuses représentations très souvent liées à l’Education, ce qui explique les discours de crise qui l’accompagne. La notion est souvent peu expliquée et les réflexions se concentrent surtout autour des enjeux éducatifs, culturels et sociaux. Nous constatons en effet une obsession de l’évaluation et de la mesure de ces littératies. Or, il semble justement que les limites et les définitions sont trop floues pour en réaliser une mesure, ce qui aboutit à la crise de l’Education dont parle Hannah Arendt en 1960:
La crise générale qui s’est abattue sur tout le monde moderne et qui atteint presque toutes les branches de l’activité humaine se manifeste différemment suivant les pays, touchant des domaines différents et revêtant des formes différentes. En Amérique, un de ses aspects les plus caractéristiques et les plus révélateurs est la crise périodique de l’éducation qui, au moins pendant ces dix dernières années, est devenue un problème politique de première grandeur dont les journaux parlent presque chaque jour. (…) C’est que le problème ici ne se limite sûrement pas à l’épineuse question de savoir pourquoi le petit John ne sait pas lire. (3)
Une crise de la littératie qu’il est bien sûr tentant de rapprocher de la crise de la culture. Or la littératie se situe entre la culture et l’éducation selon les définitions. Elle est à la fois éducative car elle repose sur l’enseignement des savoirs de base, et culturelle dans le sens où il s’agit à la fois de s’intégrer à une culture et de s’inscrire en quelque sorte dans une tradition. Par conséquent, c’est bien en cela que le problème va bien au-delà de l’explication de l’incapacité à lire du petit John. La question de la tradition et de la transmission est donc posée.
[1]Harvey J. GRAFF. The Legacies of Literacy: Continuities and Contradictions in Western Culture and Society. Indiana University Press, 1987
2 Harvey J. GRAFF. The Labyrinths of Literacy: Reflections on Literacy Past and Present. Pittsburgh, PA: University of Pittsburgh Press., 1985, p.321
3 Hannah ARENDT. La crise de la culture. Op. cit. , p.223-224
"The proletariat is a process of loss of knowledge, that is to say of flavor and history, which is generated by the grammatisation as it bypasses the process of individuation, where trans-, s' individual by the work that is to say by learning something, the worker individual the midst of his work "
Bernard Stiegler,
A New Critique of Political Economy
(Editions Galilee, 2009). P.54
A beautiful phrase of Bernard Stiegler which corresponds fully to some of my observations and the desire to observe such resistance in some networks.
« La prolétarisation est un processus de perte de savoirs, c’est-à-dire aussi de saveur et d’existence, qui est engendré par la grammatisation telle qu’elle court-circuite des processus de trans-individuation où, en s’individuant par le travail, c’est-à-dire en y apprenant quelque chose, le travailleur individuait le milieu de son travail »
Bernard Stiegler, Pour une nouvelle critique de l’économie politique (Editions Galilée, 2009). p.54
Une belle phrase de Bernard Stiegler qui correspond pleinement à certaines de mes observations et la volonté de résistance que j’observe notamment dans certains réseaux.
The book is interesting even if it remains too embedded in my taste on a socio-economic development. However, it was announced in the subtitle. It focuses primarily on the speeches which he demonstrates the ins and outs and deserves to break some myths by presenting to a wider historical perspective.
Narvic
had already spoken.
But it is particularly a passage that has tilt because it is another paradox of Web 2.0 is the distinguished community of insiders rather isolated as the speech to argue the opposite to the emergence of a participation where everyone is on the same plane. When you're in the middle, you learn a lot and met quite easily (thanks to many hours of work) the
different needs
that I already mentioned before.
It remains that everyone can not devote much energy to be an insider. And it means creating links that demonstrates Rébillard Frank (p.69)
"Difficult indeed taken" en route "train the publication distributed, whose journey takes place by reference from site to site, where we did not attend the start of trade. It's hard not to feel "disconnected" a community whose members are mostly authors blog, and where ordinary visitors are very few. This operation in a vacuum, not necessarily directed voluntarily such confinement, but it often leads inevitably because of an escalation in the expertise and comments, is not likely to broaden the public blogs. "(P. 69)
All to say that the mailing list is sometimes more "social" than blogs.
Le livre est intéressant même s’il demeure trop ancré à mon goût sur une analyse socio-économique. Toutefois, c’était annoncé dans le sous-titre. Il s’attarde surtout sur les discours dont il démontre bien les tenants et les aboutissants et a le mérite de casser certains mythes en les remettant d’en une perspective historique plus large. Narvic en avait déjà parlé.
Mais c’est surtout un passage qui a fait tilt car il correspond à un autre paradoxe du web 2.0 qui est celui de distinguer des milieux d’initiés un peu isolés alors que les discours prétendent à l’inverse à l’émergence d’une participation où tout le monde est sur le même plan .Lorsqu’on se trouve au sein du milieu, on apprend beaucoup et on satisfait assez aisément (au prix d’un grand nombre d’heures de boulot) les différents besoins que j’avais déjà mentionnés auparavant.
Il demeure que tout le monde ne peut pas consacrer autant d’énergie pour être un initié. Et qu’il faut donc créer des liens ce que démontre bien Frank Rébillard (p.69)
» Difficile en effet de prendre « en cours de route » le train de la publication distribuée, dont le cheminement s’opère par renvoi de site en site, lorsque l’on n’a pas assisté aux échanges de départ. Difficile de ne pas se sentir « déconnecté » d’une communauté dont les membres sont surtout des auteurs de blog, et où les simples visiteurs s’avèrent très peu nombreux. Ce fonctionnement en vase clos, sans forcément viser volontairement un tel enfermement, mais y conduisant souvent irrémédiablement du fait d’une surenchère dans l’expertise et les commentaires, n’est pas de nature à élargir le public des blogs. » (p.69)
Tout cela pour dire que la liste de diffusion est parfois bien plus « sociale » que les blogs.